Artiste associé

Benoît Bonnemaison-Fitte

Dessinateur, illustrateur, fabricant artisanal d’images fixes ou animées, artiste associé de Théâtre + Cinéma depuis 2016, Benoît Bonnemaison-Fitte dit Bonnefrite métamorphose le banal, d’un trait de poésie graphique. Ses joyeux mots-signes-logos écrits à main levée colorent les esprits, rythment les saisons et ancrent Théâtre + Cinéma sur le territoire. Considérées comme une même oeuvre évolutive au long cours, les images qu’il fabrique ornent les brochures et le site internet de la maison, les murs et les vitres du bâtiment, la caravane sur les routes et les affiches dans les rues. Seul ou avec des collaborateurs, il travaille pour des projets culturels – compagnies, lieux, festivals de théâtre, de cirque, de danse, de rue – dont il couvre les supports de communication de ses dessins. Aussi homme de scène, Bonnefrite réalise des performances dessinées pour des lectures, de la musique, du théâtre et se fait parfois dessinateur public. La saison dernière, il sélectionne pour Théâtre + Cinéma, deux films de Jacques Tati pour une carte blanche cinématographique et ludique. Parallèlement aux nombreuses commandes graphiques, il développe avec l’association marseillaise Fotokino (Vincent Tuset-Anrès) et Geoffroy Pithon le projet « Graphure & Peintrisme ». Au cours de résidences artistiques, des créateurs aux pratiques transversales graphiques, picturales et musicales inventent in situ performance, workshop et concert. Les deux premières résidences ont eu lieu à Marseille et Bruxelles, les suivantes s’annoncent à Toulouse, Nantes, Le Mans et Narbonne. Cette saison, Bonnefrite réalise une nouvelle brochure, plus grande, plus dessinée encore, développe la mise en scène graphique de Théâtre + Cinéma par la conception d’une oeuvre graphique adhésive qui viendra revêtir la façade du bâtiment.

Selon vous, l’absence des autres révèle-t-elle un besoin de présence, de rassemblement ?

Benoît Bonnemaison-Fitte ‣ Il me semble que c’est quelque chose d’instinctif : lorsque l’on est privé de la liberté de se déplacer et d’être avec ceux que l’on aime, on ne peut qu’être heureux de se retrouver. Lors du confinement, avec la présence des cinq enfants à la maison, les rythmes et les espaces ont vite été bouleversés. À cela se sont ajoutées l’inquiétude, la maladie et cette sensation d’être un peu perdu. Installé à Aurignac, éloigné depuis une vingtaine d’années de la ville, j’ai été conforté dans ce mode de vie : la qualité de l’air, de l’espace, de la relation deviennent des biens précieux.

Face aux aléas de ce monde, que devrait-on transmettre aux jeunes générations ou apprendre d’elles ?

Benoit Bonnemaison-Fitte ‣ Il y a quelques années, ceux qui défendaient l’environnement étaient rares et marginalisés mais aujourd’hui, la protection de la nature a intégré la plupart des consciences. Les jeunes que j’observe en ateliers prennent en compte le volume de papier utilisé, l’impact écologique des encres et remettent spontanément – profondément – en question les pratiques. Ils en savent déjà beaucoup plus que nous et sont lucides sur les luttes à mener, sur les responsabilités qui leur reviennent et celles qui incombent à ceux qui détiennent le pouvoir.