Artiste associé

Pierre Maillet

Acteur et metteur en scène né à Narbonne, Pierre Maillet éclaire, par l’humour et la métamorphose, des identités débridées, des figures libres qui, à la marge de la société, en révèlent le centre. Au sein du collectif d’acteurs Les Lucioles, il joue dans les projets de ses camarades, dont le récent Royaume des animaux de Roland Schimmelpfennig par Marcial Di Fonzo Bo et Élise Vigier. Il met également en scène ses propres projets, textes théâtraux ou adaptations d’oeuvres d’auteurs liés au cinéma : Rainer Werner Fassbinder, Peter Handke, Philippe Minyana, Lars Norén, Jean Genet, Tanguy Viel, Copi et Lee Hall. Il crée notamment Little Joe d’après la trilogie cinématographique de Paul Morrissey Flesh/ Trash/Heat (2013-2015) et LetzlovePortrait(s) Foucault d’après Michel Foucault et Thierry Voeltzel (2015), toujours en tournée. En dehors du collectif, il intègre de nombreux projets théâtraux et travaille au cinéma, notamment sous la direction de Justine Triet (Victoria – 2015) et Louis Garrel (Les Deux amis – 2014). Également artiste associé à la Comédie de Caen et à la Comédie de SaintÉtienne, nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2017, Pierre Maillet est artiste associé de Théâtre + Cinéma depuis 2019. Au cours de la saison 2019-2020, il présente One night with Holly Woodlawn (2018) et propose sa carte blanche cinématographique. Cette saison, il présente la reprise de Le Bonheur (n’est pas toujours drôle) (2019) d’après trois scénarios de Rainer Werner Fassbinder et joue dans Une vie d’acteur (2019), portrait de lui en cinéphile écrit par Tanguy Viel et mis en scène par Émilie Capliez. Il nous offre également deux rendez-vous inédits en juin : Ciné-Party années 80’s et Ciné-Piscine Les Dents de la mer à l’Espace de Liberté . Actuellement, il travaille à sa prochaine création pour l’automne 2021, l’adaptation du roman Théorème de Pier Paolo Pasolini, écrit en 1968 pendant le tournage du film, reliant une fois encore le cinéma, le théâtre et la littérature.

Selon vous, l’absence des autres révèle-t-elle un besoin de présence, de rassemblement ?

Pierre Maillet ‣ En ce qui me concerne, durant le confinement, ce qui me tardait le plus était de revoir mes proches. Que l’on puisse de nouveau sortir au cinéma, au théâtre, au café, que l’on se serre dans les bras, que l’on s’embrasse. Le manque de contact social m’est le plus difficile à vivre. Isolé, j’étais impatient de la fête qui suivrait le retour à la vie normale. Je ne croyais pas du tout au recroquevillement, à la sinistrose, vraiment pas du tout.

Face aux aléas de ce monde, que devrait-on transmettre aux jeunes générations ou apprendre d’elles ?

Pierre Maillet ‣ Il me semble que les jeunes d’aujourd’hui sont, pour la majorité d’entre eux, très lucides sur le monde qu’on leur lègue. Face au cynisme de l’argent devenu valeur absolue et aux crises qui se juxtaposent – crise de l’emploi et des retraites, crise écologique, migratoire et désormais sanitaire avec le coronavirus – la jeunesse s’engage, sans croire à la politique dont elle se méfie mais à travers des actions citoyennes, tournées vers l’essentiel. Elle fait preuve d’une ouverture d’esprit incroyable, concernant notamment les questions de sexualité et de genre. C’est peut-être plutôt à nous d’écouter les jeunes. Ce qui est beau, c’est qu’ils sont joyeux malgré tout !