Spectacles à venir

Toulousain, Benoît Bonnemaison-Fitte dit Bonnefrite vit et travaille à Aurignac. L’artiste écrit sur une paroi, sur un mur, sur un papier ou sur une caravane, à main levée, des mots-signes-logos. Dessinateur, graphiste, illustrateur, affichiste, peintre, cet artisan fabrique des images, fixes ou animées. Diplômé des Ateliers – École Nationale Supérieure de Création Industrielle, il métamorphose le banal en une poésie joyeuse. L’homme de la planche à dessin est aussi homme de scène et se fait parfois dessinateur public. Il participe à l’écriture de spectacles et conçoit des scénographies avec Baro d’Evel Cirk ou noircit même des fresques en direct avec Sébastien Barrier dans Chunky Charcoal, présenté en janvier 2017 à Théâtre + Cinéma. Au cours de la saison, Bonnefrite réalise l’identité visuelle de Théâtre + Cinéma sur les supports de communication et sur la signalétique in situ. En mars, avec Vincent Tuset-Anres de Fotokino, il propose un Après-midi cinéma ludique et familial.

Site web de Bonnefrite.

Qu’est-ce qu’être graphiste associé à Théâtre + Cinéma ?

Il est rare qu’un graphiste soit associé au projet d’un lieu culturel. Ça signifie ici que l’on met la conception graphique, l’expérimentation des signes, des supports, au centre de notre relation. Les images que je crée, colorées, ludiques, presque naïves, investissent le théâtre, s’affichent dans l’espace public et s’éloignent des messages publicitaires car elles sont poétiques. Est-ce que la création graphique, son support même, peut être considéré comme un spectacle ? L’association avec Théâtre + Cinéma permet ainsi d’accorder au graphisme une part de recherche, pour tenter d’ouvrir de nouvelles perspectives à la communication d’un lieu culturel.

À travers votre geste graphique, quelle est votre relation à Théâtre + Cinéma, votre lien aux habitants ?

Pour aller à la rencontre des habitants, j’ai souhaité faire de Théâtre + Cinéma un personnage. De l’humaniser, de lui donner une âme graphique avec l’écriture à main levée, ces couleurs relevées. J’ai aussi réalisé les portraits des premières personnes rencontrées ici, les gens de Théâtre + Cinéma, que j’ai peints et dont j’ai extrait les regards. Des regards qui se sont ensuite affichés dans la rue, camouflés dans des formes géométriques. Lors de la soirée d’inauguration l’année dernière, j’ai vu des habitants curieux du nouveau visage du théâtre, des gens dont j’ai aussi réalisé le portrait ce jour-là, en direct. Ces relations se tissent pas à pas car ça prend du temps de comprendre où l’on est et savoir où l’on va.

Vous qui êtes un artisan de l’image, quelle est votre relation au cinéma ?

Mon premier travail a été de faire du cinéma d’animation pour la télévision. J’ai toujours été intéressé par l’image animée mais j’ai vite cherché des dispositifs pour ne plus être seul derrière mon bureau, à manipuler de la pâte à modeler. Je me suis mis ainsi à produire des choses en direct avec d’autres artistes musiciens, danseurs, avec le GdRA, avec André Minvielle. Et j’ai ainsi quitté l’ordinateur, la caméra, la table lumineuse, pour fabriquer d’autres outils. Jusqu’à arriver à une forme radicale dans Chunky Charcoal, muni d’une simple craie et une grande feuille blanche. En vingt ans, mon chemin a été de simplifier les outils jusqu’à m’en dépouiller. En fait le dessin en direct, c’est du cinéma d’animation artisanal.

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