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@Anthony_Anciaux_-_mohamedelkhatib

Mohamed El Khatib réalise des fictions documentaires théâtrales, littéraires ou cinématographiques. Partant de ses rencontres, il fait monter sur scène ceux qui en sont loin et mène les acteurs à s’éloigner des codes du théâtre. Avec ces gens et avec le collectif d’artistes Zirlib, l’auteur-metteur en scène élabore une écriture du réel. En 2009, il entame avec À l’abri de rien une réflexion sur le deuil, qu’il poursuit avec Finir en beauté en 2015 – Grand Prix de Littérature Dramatique 2016, présenté ici-même en mai dernier – et C’est la vie en 2017. En décembre 2017, sortira Renault 12, son premier long-métrage dont vous avez pu voir en avril dernier lors d’une Soirée cinéma quelques extraits du film en fabrication. Mohamed El Khatib publie ses textes aux Solitaires Intempestifs, est associé au Théâtre de la Ville – Paris et est également l’un des invités du Festival d’Automne à Paris 2017 avec notamment Stadium (avec 53 supporters du Racing Club de Lens). En mai à Théâtre + Cinéma, Mohamed El Khatib présente C’est la vie, pièce intimiste et sensible sur le deuil.

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Qu’est-ce qu’être artiste associé à Théâtre + Cinéma ?

C’est un espace, du temps et de la bienveillance pour travailler. La représentation d’un spectacle est la partie visible d’un processus de travail souterrain, soutenu. Cet accompagnement est précieux par le décloisonnement artistique qu’il permet et qui est au fondement même de la structure et du statut de Théâtre + Cinéma. Cet outil est idéal pour moi qui mène une recherche cinématographique, théâtrale, plastique. De tels lieux où l’on peut franchir les frontières entre les arts sont rares. Nous travaillerons ici avec le réalisateur Alain cavalier. En 2018, nous ouvrirons les portes de notre laboratoire au public. Ce travail en cours est une sorte de conversation sur nos points de rencontre : la Méditerranée, le cinéma et la captation du réel.

Justement, quel lien se tisse ici, avec le public ?

Venu en avril dernier présenter Renault 12, j’ai été surpris de rencontrer autant de personnes se déplacer pour venir voir quelques passages d’un premier film, encore en fabrique. Il y avait là une vraie curiosité. C’est un lien qui ensuite se tisse avec le temps.

Vous travaillez la fiction documentaire, de quelle manière s’inscrit-elle au théâtre, au cinéma ?

Quand j’ai une idée, je ne m’interdis aucune forme. Lorsque j’ai commencé à travailler sur la question du deuil, il m’a semblé opportun de réaliser une pièce de théâtre. Puis lorsque s’est posée la question de l’héritage, le road-movie s’est imposé, car il y avait ce voyage vers Tanger que je devais faire, et cette caméra que j’avais acheté. Je filmais alors tout, de manière compulsive. C’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai rencontré Alain Cavalier, qui m’inspire beaucoup. Le réalisateur filme les êtres au plus près, avec une caméra légère. Je voulais la même, mais je me suis trompé de modèle. Aujourd’hui, le plus important pour moi est de m’affranchir de l’académisme du théâtre et du cinéma, de capter le réel, dans son immédiateté et de porter ainsi à la scène comme à l’écran des gens différents, ceux qu’on ne représente pas.

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